Des lieux culturels
Les lieux culturels ont pour vocation d’être accessibles à tous. De la même manière qu’ils ont su s’ouvrir aux handicapés moteurs et parfois à certains handicapés mentaux, ils doivent pouvoir s’ouvrir aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de pathologies apparentées et à travers cette ouverture contribuer à la reconnaissance de leur place au sein de la société.
Cependant même si ces lieux peuvent offrir un accès gratuit à leurs collections aux personnes atteintes, il est fort peu probable que celles-ci franchissent leurs portes. Le malade lui-même du fait de ses déficits cognitifs ne dispose pas dès le stade léger de sa pathologie des ressources nécessaires pour avoir l’initiative d’une sortie culturelle, pour l’organiser, pour se repérer dans l’espace et pour revenir à bon port. Il a besoin d’un accompagnateur, qu’il soit aidant ou soignant. Lorsque cet accompagnement est possible, le problème qui se pose ensuite est celui de l’absence d’adaptation de la sortie à la spécificité de son état. Les professionnels des lieux culturels ne disposent pas, en effet, de la formation et de la disponibilité nécessaires à l’accompagnement et à l’organisation de visites adaptées à ce public spécifique.
Le développement de l’accessibilité d’un lieu culturel aux personnes malades n’est pas évident. Il repose sur la mise en œuvre d’une méthodologie rigoureuse qui concerne la sélection des œuvres d’art qui doivent être à la fois perceptibles, compréhensibles et stimulantes pour les personnes malades. Elle concerne aussi la délimitation de périmètres de visites ainsi que la constitution de parcours. Elle comprend enfin la facilitation de la production d’un discours interactif face aux œuvres permettant de faire émerger chez le malade le sentiment de sa propre pertinence et de sa capacité à construire pour lui même le sens d’une œuvre d’art. Les stimulations du facilitateur qui anime une visite se doivent également d’être adaptées au stade de la pathologie et de permettre une construction collective du sens des œuvres présentées.
Nous avons développé cette méthodologie au musée du Louvre et la collaboration fructueuse que nous avons établie avec ses professionnels nous permet de bénéficier de leurs connaissances précieuses des œuvres d’art et de l’environnement. De notre côté, nous leur permettons d’apprendre à connaitre les personnes malades et de s’adapter à ce nouveau public.
Notre partenariat s’étend aujourd’hui avec l’apport du musée du Quai Branly et du Château de Versailles.